Quand l’émotion devient musique
Nouvelle pépite de la scène artistique suisse, le Valaisan Loris Mittaz nous emmène dans son univers «Black Out» à découvrir dans les festivals de l’été. Envoûtant.
Source de l'image: Samuel Devantéry
Jeans, sweat à capuche, les cheveux courts et la barbe naissante, un jeune homme, jovial et fêtard, arpente le territoire de la commune de Crans-Montana avec Anis, son chien-guide. Âgé de 25 ans, il revient d’une des cliniques de réadaptation réputées sur le Haut-Plateau dans laquelle il exerce sa profession de masseur médical. Toutefois Loris nourrit une toute autre passion qui le transporte et le dévore: la musique!
Du foot au piano
Passionné de foot et gardien de but, Loris a fini par ne plus voir le ballon lui arriver dessus. À 9 ans, sur recommandation de ses parents, Loris prend des cours de piano. Il apprend avec des partitions agrandies, avant que sa professeure ne prenne la mesure des limitations visuelles et ne l’entraîne à jouer «à l’oreille». C’est en rejoignant l’École de jazz et de musiques actuelles (EJMA) à 16 ans que tout bascule. Son professeur l’enseigne de manière ludique et lui fait découvrir un monde infini, celui de l’improvisation et ses codes. C’est une révélation et Loris réalise qu’il peut faire «des trucs à lui» et revisiter les standards. La machine est lancée et rien ne peut l’arrêter!
Source de l'image: Samuel Devantéry
Entrer dans le sublime
Qui se souvient du film «Intouchables» de 2011 et l’intensité des mélodies de Ludovico Einaudi? Au sortir du cinéma, Loris est profondément bouleversé et dit à sa maman: «C’est ce que je veux faire.» Ses improvisations d’aujourd’
hui, ses albums «Atom» et «Black Out» nous baignent dans une pureté harmonique et nous transportent dans une profonde humanité. Les confidences mélodiques de Loris suivent un courant néoclassique contemporain et son public ressent cette sobriété qui murmure des émotions et des élans qui font référence à ses univers pop-rock, classique et autres musiques populaires. C’est d’ailleurs au Verbier Festival classique que Loris a offert au public subjugué une improvisation magistrale inspirée d’airs valaisans. On le retrouve ensuite à Martigny pour clore la célébration télévisée suite au drame de Crans-Montana: «J’avais surtout besoin d’évacuer tout ça et me suis dit que si ma musique pouvait réconforter un où deux coeurs…» Un moment intense ou il a failli vaciller sur ses jambes: «Je me suis dit que si j’ai pu jouer là, je peux jouer partout.»
Ce texte est déjà paru dans le magazine de notre association «Clin d’oeil» 2/2026.
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